les Perles

Dans les description des pièces de joaillerie, on utilise souvent la phrase : "décoré de perles et de gemmes". Cette distinction est légitime, car la perle n'est pas une pierre, mais au même titre que le jais, l'ambre et l'ivoire, une substance organique très utilisée.

Les perles sont utilisées pour confectionner des bijoux depuis l'Antiquité ; elles étaient appelées les larmes d'Aphrodite. Les familles romaines qui en avaient les moyens achetaient à leurs filles une ou deux perles chaque année, afin qu'elles aient un collier complet à leur majorité.

Le CIBJO reconnait quatre catégories de perles : les perles naturelles (très rares), les perles de culture, les perles composées, les perles d'imitation. À cela s'ajoutent les deux catégories d'eau douce ou d'eau de mer.

La valeur des perles est déterminée par leur forme (symétrie), leur brillance, leur taille, leur couleur.

Les perles sont divisées en huit formes de base : rondes, semi-rondes, bouton, goutte, ovale, poire, baroque, baguée.

Une perle est une concrétion calcaire, généralement de couleur blanche, fabriquée par certains mollusques bivalves (principalement les huîtres perlières). Quand un objet irritant passe à l'intérieur de la coquille, l'animal réagit en entourant l'objet de plusieurs couches de carbonate de calcium CaCO3 sous la forme d'aragonite ou de calcite. Ce mélange est appelé nacre. L'huître entoure l'intrus de plusieurs couche comme un oignon qui finit par pour former la perle.

Autrefois uniquement obtenues par le hasard, les perles font au début du XXIe siècle l'objet d'une culture qui a été mise au point par les Japonais du début du XXe siècle aux années 1970. Depuis, le secret de leur technique s'est répandu dans tous les archipels de l'océan Pacifique, et la Polynésie française en est le principal producteur en 2010. La nacre cristallisé sous forme orthorhombique (maille parallélépipédique) formant des cristaux d'aragonite. Il s'agit, de fait, d'une bio-minéralisation, qui peut servir de mécanisme de défense vis-à-vis de l'intrusion d'un corps étranger.

La qualité esthétique de la perle dépend de l'épaisseur de la nacre (plus importante lorsque la perle est naturelle) mais aussi de la régularité de la cristallisation.

LES PERLES PROVIENNENT DE DIFFÉRENTES RÉGIONS

  • Perles d'Akoya: formes bien rondes et lustre très élevé. Elles sont produites par l'huître "Pinctada fucata" qui vit le long des côtes du Japon et de la Chine. Chaque huitre peut recevoir jusqu'à 5 implants. Elles sont élevées de 8 mois à deux ans. Les perles sont généralement rondes ou ovales et ont un diamètre de 2 à 8 mm, très rarement jusqu'à 10 m/m. Leurs couleurs naturelles est blanc, crème et jaune. Elles sont souvent traitées pour en uniformiser la couleur.
  • Perles de Tahiti: Produites par l'huître Pinctada margaritifera variante Cumingui, qui vit en Polynésie française. Chaque huitre ne peut recevoir qu'un seul implant. Elles sont généralement élevées 18 mois, parfois plus. Elles atteignent une grande taille, produisant ainsi des perles naturellement plus grosses dont le diamètre oscille entre 8 et 18 m/m. Les perles de Tahiti sont les plus réputées pour leurs couleurs foncées. Cependant, les plus claires peuvent être presque blanches et les plus foncées pratiquement noires, mais elles peuvent être aussi arc-en-ciel, aubergine, bleu, gris. La couleur est spécifique de chaque lagon, de chaque élevage et de l'origine du greffon et du nucléus. Les couleurs les plus éclatantes sont rarement parfaites parce qu'elles s’obtiennent avec les extrémités des greffons qui sont plus fins et fragiles et il est plus difficile de préparer un greffon régulier.
  • Perles des Mers du Sud et perles d'Australie: elles sont blanches ou dorées. Elles sont produites par l'huître Pinctada maxima vivant le long des côtes d'Australie, d'Indonésie et des Philippines. Elles sont généralement élevées 18 mois. Chaque huitre ne peut recevoir qu'un seul implant. Il est reconnu deux variétés différentes : la variété "à lèvres argentées", produisant des perles de couleur de base blanche et argentée et pouvant présenter des orients ou des traits rosés, verts ou bleus ; et la variété "à lèvres dorées" produisant des perles de couleur de base crème et dorée, avec des intermédiaires dit champagne et jaune. Les perles d'Australie sont très blanches ou légèrement argentées ; celles d'Indonésie de blanches à dorées, avec une palette intermédiaire de jaunes. Les perles des Philippines ont les tons les plus dorés. Leur diamètre est très important et leur lustre brillant et satiné. Elles sont considérées comme très rares, et un collier aux perles régulières peut demander plusieurs années de moisson.
  • Perle d'eau douce: de formes, de tailles et de couleurs très variées, elles ont un rapport qualité/prix très intéressant. Produites par des moules des espèces Hyriopsis schlegeli et Hyrippsis cumingi et leurs hybrides. Elles sont élevées de 8 mois à 5 ans. La taille des perles varie de 2 à 10 m/m. La production japonaise est aujourd'hui plus restreinte mais a connu une extension relative dans le passé. La Chine en produit 1 500 tonnes par an. Il existe également une ferme à but principalement touristique au Tennessee. Les moules peuvent produire jusqu'à 50 perles en même temps. Le nucleus est constitué de minuscules morceaux de coquillage, ce qui produit des perles de nacre pure.
  • Perles de Biwa: Désigne souvent abusivement toutes perles cultivées au Japon et croissant dans une moule d'eau douce. Le nom devrait être réservé aux perles du lac Biwa, au Japon.
  • Mabé: des perles en demi-sphère. Le nucléus est implanté entre la coquille et le manteaux la coquille de l'huître. Utilisé principalement en boucles d'oreille ou pour cacher le système de fermeture des colliers. Produites par des huître d'eau de mer vivant au Japon, en Indonésie, en Polynésie Française et en Australie. Il est possible d'obtenir toutes les formes possibles puisqu'il s'agit en fait de tailler et sculpter la coquille même du mollusque. Le mollusque est évidemment sacrifié lors de l'opération et ce sont donc généralement les huîtres anciennes ayant déjà produit des perles qui sont utilisées pour cet usage. Elles ont une valeur bien moindre que les vraies perles.
  • Keshi: C'est une perle produite accidentellement en culture en même temps qu'une perle normale ou lors du rejet d'un nucléus. On les trouve aussi bien dans les mollusques d'eau de mer qu'en eau douce. C'est une perle le plus souvent de forme irrégulière, et d'un lustre souvent plus élevé que les perles nucléées. Elles ont un diamètre de 2 à 15 mm, et sont de formes essentiellement baroques. Non désirées par les perliculteurs, elles sont cependant très appréciées en joaillerie pour leur originalité et les keshis de Tahiti et des mers du sud ont longtemps été considérées comme des pièces exceptionnelles magnifiques. Le progrès de la maîtrise de la perliculture les ont rendues très rares.
  • Perles de Conque: (perles de lambi) produites par Lobatus gigas, qui vit dans les mers tropicales. Les perles ont une taille 3 mm maximum, de forme baroque ou ovale, et une couleur généralement rose saumon vif parfois aussi blanche, brune, dorée, ou jaune. Cette couleur a tendance à se faner avec le temps. La conque ne peut pas être élevée et ce sont les pêcheurs pour des fins alimentaires qui trouvent accidentellement les perles. Une conque sur 10 000 abrite une perle, et parmi ces perles 10 % seulement ont une qualité suffisante pour être classées comme gemme. Elles sont donc excessivement rares, c'est ce qui leur donne une certaine valeur mais qui limite leur usage en bijouterie.
  • Perles de Melo: produites par Melo melo des mers tropicales. Elles sont souvent de grand diamètre, 8 à 40 mm voire plus ; et ont une couleur orange vif à brun doré qui "passe" facilement au soleil. Leur forme est très régulière, souvent ovale et parfois ronde. Elles ont une bonne valeur marchande et des essais d'élevage de Melo sont en cours.
  • Perles d'ormeau: trouvées à l'état naturel dans les ormeaux (Haliotis kamtschatkana). Ce sont les perles les plus rares et considérée comme étant les plus belles. D'une brillance très élevées et d'un lustre intense, mélangeant toutes les couleurs, elles sont toujours de forme baroque. L'utilisation en joaillerie est très rare. Un mollusque sur 100 000 produit une perle. Bien que l'élevage de l'ormeau soit maîtrisé, la culture des perles n'en est qu'au balbutiements car la moindre blessure provoque une hémorragie fatale. L'implantation du nucléus se fait donc le plus souvent contre la coquille pour produire des mabés ce qui malgré tout provoque souvent le décès du mollusque. Peu appréciée en Europe et aux États-Unis, elles sont très prisées en Australie et Nouvelle-Zélande. Le marché semble en extension.
  • Perles coupées, composites, assemblées: ce sont des perles coupées pour n'en garder que la moitié ou les trois-quarts, ou composées de morceaux de matières différentes ou identiques.
  • Perle d'imitation: ou de synthèse fabriquée par l'homme, elles n'ont de valeur que par le bijou qu'elles composent. Parfois source de tromperie, car une certaine expérience est nécessaire pour les distinguer des perles naturelles (en observant le trou du foret ou par radiographie X).

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